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Avant de devenir notaire associé·e, lisez bien cet article

Comment éviter les conflits avec son associé

On pense souvent que l’aboutissement d’une carrière dans le notariat, c’est de devenir notaire associé·e. Apporter ses compétences et son expérience pour co-diriger une Étude, influer directement sur sa croissance et en récolter les fruits, avouez que c’est tentant. Et si vous lisez cet article, c’est que cette idée vous travaille ou même que avez enfin décidé de franchir le pas.

Mais attention : le rachat de parts de société dans une Étude notariale ne doit pas se prendre à la légère. Si vous vous associez avec la ou les mauvaises personnes, en démarrant sur de mauvaises bases, l’association peut vite tourner au vinaigre. Il y a énormément d’exemples de contentieux entre notaires associé·es. Une fois le contrat signé, il est très difficile d’en sortir, si ce n’est au prix d’une bataille juridique longue et coûteuse. Alors prudence ! Mieux vaut ne pas commettre certaines erreurs de base, pour éviter les désillusions, les conflits, voire les contentieux à plus ou moins long terme. 

Lisez bien cet article : il va vous donner les clefs pour réussir votre prise de participation dans une Étude notariale – et il va vous aider à faire en sorte que tout se passe pour le mieux avec votre ou vos futur·es associé·es.

Conseil n°1 : Prenez le temps de bien connaître votre ou vos futur·es associé·es

Cela peut paraître évident, mais mieux vaut se fixer une règle simple : prenez un bon mois pour faire connaissance avec votre ou vos potentiel·les associé·es. Évidemment, parfois on n’a pas le choix : on va là où il y a de la place et l’opportunité de devenir enfin associé·e peut vous aveugler. Mais ce n’est pas une raison pour vous précipiter.

Avant de vous décider, essayez de cerner la personnalité de l’associé·e et ses méthodes de management ou de gouvernance (qui peuvent être aux antipodes des vôtres) : prenez le temps de discuter ouvertement avec le personnel et de faire le point avec les anciens actionnaires. Mine de rien, vous devez mener votre petite “enquête”, pour vous assurer que ça va “matcher” entre vous. 

Conseil n°2 : Repartez à zéro pour les statuts de la société

Si vous intégrez une Étude où se trouvent des associé·es déjà en place, alors vous allez devoir leur faire accepter que vous allez avoir désormais le même pouvoir de décision qu’eux.

En effet, il faut tout faire pour éviter de vous retrouver dans une Étude où les notaires en place ont cédé des parts, mais pas le pouvoir de décision qui va avec. Il va falloir très clairement leur faire comprendre que vous n’êtes pas qu’un apporteur de trésorerie !

Les associé·es déjà en place ont souvent déjà remboursé tout ou partie de leur emprunt professionnel et disposent donc potentiellement d’une trésorerie. Alors que pour vous, la prise de risque est totale. 

Imaginez-vous par exemple dans une situation où vous détenez 50% des parts d’une Étude que vous ne connaissez  pas, avec une clientèle que vous ne connaissez pas, face à quelqu’un qui a déjà remboursé son emprunt professionnel. Vous l’aurez compris : à peine arrivé·e, vous serez en position de faiblesse.

La meilleure solution dans ce cas est donc de convaincre le ou les associé·es en place de dissoudre l’ancienne société et d’en recréer une nouvelle, avec de nouveaux statuts (la même année si possible), afin de repartir sur de nouvelles bases saines et équitables. Les experts comptables vous conseillent notamment de passer d’une SCP à une SELARL et de faire un emprunt commun pour repartir avec les mêmes échéances et les mêmes besoins financiers de remboursement.

Par ailleurs, pensez à rédiger ensemble un nouveau règlement intérieur, établissez une nouvelle stratégie de court et long terme pour le développement de l’Étude, accordez-vous sur les méthodes de management et sur les règles de travail communes (horaires, gestion des congés, répartition des dossiers…).

Conseil n°3 : Gardez vos distances

Une fois que vous êtes devenu·e officiellement notaire associé·e, il faut encore rester  très vigilant·e pour éviter toute dégradation de votre nouvelle situation. 

Vos associé·es sont des partenaires de travail, avec qui vous co-dirigez un projet professionnel et financier. Vous devez donc garder la tête froide et les considérer comme tel, en respectant une certaine distance. En gros : évitez de faire ami-ami avec vos associé·es.

Nous avons recueilli le témoignage édifiant d’un notaire qui s’est associé à la mauvaise personne et qui a payé le prix d’une trop grande proximité avec son associée : 

“J’avais fait rentrer mon associée dans ma sphère privée et amicale. Avec ma compagne, nous l’avions même accueillie chez nous au Nouvel An. Elle faisait partie de la famille. Mais au bout d’un certain temps, mon associée s’est mis en tête de me séduire. Elle voulait se mettre en couple avec moi, alors que je n’étais pas du tout intéressé. Je le lui ai fait comprendre et ça ne lui a pas plu du tout. Alors elle a commencé à dénigrer ma compagne et même à la suivre. Elle me disait les yeux dans les yeux qu’elle savait très bien comment faire pour nuire à un associé et l’évincer.”

Bien sûr, on est ici sur un cas extrême, mais c’est tout de même un bon exemple de ce qui peut arriver si vous ne séparez pas bien votre vie professionnelle et votre vie privée. Alors instaurez des barrières dès votre arrivée pour qu’ on vous considère comme un·e associé·e à part entière et pas comme un·e “pote” avec qui on peut tout se permettre. 

Conseil n°4 : Communiquez, communiquez, communiquez

Lorsque vous devenez notaire associé·e, c’est un peu comme dans un couple ou dans une famille : la principale clef pour bien vivre ensemble, c’est la communication. Au moindre contentieux ou désaccord, il faut en parler avec vos associé·es. Le non-dit est votre pire ennemi en Étude. Essayez donc de crever chaque abcès le plus vite possible.

Il ne faut surtout pas laisser la rancœur s’installer entre vous et vos associé·es, car elle se propagera vite à vos équipes, qui se retrouveront dans la situation inconfortable de devoir prendre parti. L’ambiance de travail s’en trouvera dégradée et ce n’est certainement pas ce genre d’Études que vous souhaitez diriger.

Vous pouvez d’ailleurs instaurer dès la signature de votre contrat d’association des réunions hebdomadaires avec votre ou vos associé·es. Ces points récurrents, sanctuarisés dans vos agendas respectifs, vous permettront de faire remonter les problèmes existants et d’anticiper ceux qui pourraient nuire à votre relation de travail.

Chez LIONS, les managers utilisent un outil très puissant : la communication non violente (CNV), qui permet de faire passer les messages en douceur. Ils/elles ont été formé·es par Marie Angliviel, une des pionnières de la CNV. Le but n’est pas d’éviter les conflits à tout prix, mais de savoir les identifier, de les gérer pacifiquement et surtout de rester ouvert·e à la négociation lorsqu’il y a désaccord.

 

C’est parce que nous accompagnons au quotidien de nombreux notaires que nous avons pu formuler ces quatre conseils. Si vous les suivez, vous partirez déjà avec une longueur d’avance au moment de devenir notaire associé·e. Et si vous voulez en discuter plus en détail, n’hésitez pas à nous interpeller sur le site de LIONS ou via les réseaux sociaux (LinkedIn, Instagram, Facebook).